Tuesday , October 27 2020
Home / On French Politics / Revue de Presse: 11 octobre

Revue de Presse: 11 octobre

Summary:
Share the post "Revue de Presse: 11 octobre" Si Alexis de Tocqueville rendait à nouveau visite aux Etats-Unis aujourd’hui, il serait inquiet pour le sort de leur démocratie, avancent Aurelian Craiutu, contributeur à La revue Tocqueville, et Sheldon Gellar. Dans leur article pour le Institute of Intellectual History, ils jugent que l’inégalité des conditions et la polarisation politique auraient particulièrement inquiété Tocqueville. Mais malgré le fait que l’Amérique d’aujourd’hui ait beaucoup en commun avec l’Amérique à la veille de sa guerre civile, il est toujours possible d’éviter la catastrophe. Pour Sarah Rozenblum, chercheuse en santé publique et contributrice au blog Tocqueville 21, la nomination d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême des Etats-Unis

Topics:
Tocqueville 21 considers the following as important: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

This could be interesting, too:

Tocqueville 21 writes Revue de Presse: October 25

Eloi Laurent writes Human Well-being and the Biosphere

B. T. writes Interview with Manmit Bhambra: “Young people throughout Europe have a more liberal, more open and inclusive sense of identity”

Jacob Hamburger writes New Article: The Supreme Court Is Smothering American Democracy

Revue de Presse: 11 octobre

Si Alexis de Tocqueville rendait à nouveau visite aux Etats-Unis aujourd’hui, il serait inquiet pour le sort de leur démocratie, avancent Aurelian Craiutu, contributeur à La revue Tocqueville, et Sheldon Gellar. Dans leur article pour le Institute of Intellectual History, ils jugent que l’inégalité des conditions et la polarisation politique auraient particulièrement inquiété Tocqueville. Mais malgré le fait que l’Amérique d’aujourd’hui ait beaucoup en commun avec l’Amérique à la veille de sa guerre civile, il est toujours possible d’éviter la catastrophe.

Pour Sarah Rozenblum, chercheuse en santé publique et contributrice au blog Tocqueville 21, la nomination d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême des Etats-Unis représente un danger extrêmement préoccupant sur le plan sanitaire. Barrett, visiblement hostile à l’avortement et aux protections de l’Obamacare – et qui, comme l’explique Gregory Bassham dans Commonweal, n’a aucun scrupule à invalider les décisions précédentes qui n’accordent pas avec ses convictions – a été choisie pour réaliser les ambitions anti-démocratiques et anti-sociales du mouvement des juristes conservateurs.

Peut-on concevoir la caste comme une catégorie mondiale ? Sur le blog JHIShuvatri Dasgupta explore la possibilité d’appliquer les méthodes de l’histoire intellectuelle mondiale à un concept que l’on associe surtout à l’Inde. Là où les Indiens avaient plusieurs pour décrire les différents aspects des divisions politiques, sociales, économiques et spirituelles de leur société, le mot « caste », dérivé du portugais, signifie surtout une hiérarchie administrative et politique : ce qui intéressait surtout les colonisateurs européens. Pour Dasgupta, une histoire mondiale peut comprendre la caste sans la réduire à sa conception coloniale, en trouvant dans des conversations « vernaculaires » des acteurs historiques des concepts universels.

Dans un interview pour la Chronicle of Higher Education, le philosophe politique de Harvard Michael Sandel discute avec Len Gutkin des problèmes que pose la méritocratie académique. Sandel soutient que les Américains se concentrent trop sur l’ascension sociale que peut offrir le système universitaire. Les débats sur l’accès aux universités prestigieuses ont tendance à renforcer une culture de la méritocratie et à détourner l’attention des stratégies plus exhaustives pour gérer les inégalités. La philosophie politique récente se concentre sur la justice et la distribution des biens matériels aux moins riches, mais aborde rarement la psychologie de l’exclusion et du ressentiment. Pourquoi, demande Sandel, la société a-t-elle fait d’un diplôme universitaire une condition préalable à la dignité ?

L’efficacité de l’État Chinois face à la crise sanitaire a augmenté la légitimité du régime, écrit Sebastian Veg, l’un de nos contributeurs, pour le magazine AOC. Muni de ce nouvel exemple qui illustrerait sa supériorité face aux démocraties occidentales, le régime continue son projet néosouverainiste, qui vise à placer la sécurité d’État et le contrôle idéologique au-dessus de l’autonomie du système judiciaire. Il est possible que la Chine souffre d’un excès de confiance, mais le chaos mondial est « propice aux initiatives unilatérales », et il est clair que l’État Chinois cherche à en tirer profit.

Si vous voulez comprendre l’Europe – comment elle fonctionne, et comment elle pourrait évoluer au cours du XXIe siècle – il faut comprendre Ursula von der Leyen. Tel est le propos de Ben Judah dans son profil de la présidente de la Commission européenne. Née à Bruxelles – fille de Ernst Albrecht, un homme politique allemand pro-européen, descendu d’une famille marchande de Bremen, et éduqué à Cornell – elle appartient littéralement à une « deuxième génération des Eurocrates ». Mère au foyer de sept enfants, dans un milieu allemand conservateur, elle s’affirme vite en politique dans le CDU d’Angela Merkel. Mais c’est quand sa carrière semblait en train de se stagner en Allemagne qu’elle devient candidat à la présidence de la Commission, une alliée de Merkel qui plaît également à Macron. Et aujourd’hui, en pleine crise du coronavirus, l’avenir de l’unification européenne se trouve dans ses mains.

L’historien Christopher Clark passe en revue une énorme nouvelle biographie sur Klemens von Metternich pour la London Review of Books. Metternich: Strategist and Visionary (Metternich : stratège et visionnaire) de Wolfram Siemann présente un portrait sympathique du ministre des Affaires étrangères qui représenta l’Autriche au Congrès de Vienne en 1814-15. Pour Metternich, la paix n’était pas simplement l’absence de la guerre ; c’était la construction d’un système complexe qui couvrait toute l’Europe post-napoléonienne.

Les suburbs (zones périurbaines) ont défini la politique américaine depuis deux tiers de siècle, affirme Harrison Stetler dans un article pour Médiapart. Biden s’acharne à se montrer encore meilleur défenseur des suburbs que Trump, malgré leur histoire imbriquée dans le racisme institutionnel, ainsi que l’impossibilité de maintenir ce mode de vie sans précipiter la crise écologique. La prospérité des suburbs les a rendus indispensables ; ils sont devenus le symbole des États-Unis et de sa promesse. Leur pouvoir a coûté l’investiture démocrate à Sanders, et attire irrésistiblement le Parti démocrate à leur faire la cour. Nous ne pouvons qu’espérer leur chute.

Cole Stangler dialogue avec Julien Bayou, secrétaire national du parti Europe Écologie Les Verts, dans un interview pour Jacobin qui présente aux lecteurs anglophones une bonne introduction à l’écologie française. La conversation porte sur les liens entre les Verts et la politique de gauche, leur opinion sur la présidence d’Emmanuel Macron et leur stratégie pour remporter l’élection présidentielle de 2022.

La gauche française pourrait-elle surmonter ses clivages internes et s’unifier afin de gagner la présidence en 2022 ? C’est ce que veut le Collectif 2022 en commun, qui publie un appel à l’unité entre socialistes, écologistes, communistes, féministes et même insoumis. L’appel est signé par des élus des partis de gauches – dont Michèle Rubirola, maire de Marseille qui a gagné cette position grâce à une campagne d’unité – des militants et des chercheurs (dont l’ami du blog Thomas Piketty).

Photo Credit: Mr Cup / Fabien Barral, via Unsplash.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *