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Clemens Fuest, le président de l’Institut ifo, oppose sa vision d’une « Europe des chances » à celle d’une « Europe-forteresse »

Summary:
À trois semaines des prochaines élections européennes, le président de l’Institut ifo s’est opposé à ce qu’il estime être les mauvaises réponses des responsables politiques pour enrayer la montée du populisme. Dans son discours à l’occasion de la remise du prix Hanns Martin Schleyer à Stuttgart, il s’est notamment prononcé contre la vision d’une « Europe qui protège », telle qu’elle a été évoquée récemment par le président français Emmanuel Macron. «Cette vision part sans doute d’une bonne intention, a déclaré Clemens Fuest. Mais l’image qu’elle véhicule n’est pas la bonne. C’est l’image d’une Europe sur la défensive, et qui a peur. Dans cette forteresse Europe, ce ne sont ni la liberté ni les marchés ni la concurrence qui

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À trois semaines des prochaines élections européennes, le président de l’Institut ifo s’est opposé à ce qu’il estime être les mauvaises réponses des responsables politiques pour enrayer la montée du populisme. Dans son discours à l’occasion de la remise du prix Hanns Martin Schleyer à Stuttgart, il s’est notamment prononcé contre la vision d’une « Europe qui protège », telle qu’elle a été évoquée récemment par le président français Emmanuel Macron.

«Cette vision part sans doute d’une bonne intention, a déclaré Clemens Fuest. Mais l’image qu’elle véhicule n’est pas la bonne. C’est l’image d’une Europe sur la défensive, et qui a peur. Dans cette forteresse Europe, ce ne sont ni la liberté ni les marchés ni la concurrence qui s’épanouissent, mais au contraire une régulation sévère et l’administration de la pénurie ». M. Fuest a opposé à cette image sa vision d’une « Europe des chances ». Sa critique s’adresse notamment aux gouvernements français et allemand qui cherchent selon lui à affaiblir la concurrence au sein du marché intérieur de l’Union Européenne dans le but de créer de grands groupes capables, assurent-ils, de devenir des champions européens : « Ces entreprises privilégiées succomberaient en fait à la tentation de l’immobilité et de l’inefficacité ; l’inégalité en Europe s’aggraverait et la croissance marquerait le pas».

Pour Clemens Fuest, rendre obligatoires des salaires minimum nationaux ne serait pas non plus la bonne solution : « L’UE peut certes imposer des salaires minimum, mais jamais elle ne saura garantir la création de nouveaux emplois permettant d’en bénéficier. Seule une productivité adéquate peut assurer cette création d’emplois.

Les responsables politiques européens feraient mieux de créer les conditions pour que les populations de ce continent soient en mesure de relever les défis qui les attendent, a poursuivi M. Fuest. « La grande majorité des Européens en est parfaitement capable sans que nous l’aidions. Nous avons besoin d’une Europe qui offre à chacun ses chances, qu’il incombe ensuite aux individus de saisir eux-mêmes. Je suis donc convaincu que la bonne réponse au populisme n’est pas un État-providence qui règle tout mais bien le choix d’une politique économique libérale.»

Le choix d’une politique économique libérale suppose une libre concurrence, des marchés ouverts, la reconnaissance de la propriété privée, la flexibilité des prix et des salaires ainsi que des individus responsables et autonomes, souligne le président de l’Institut ifo : « Les marchés et la concurrence nécessitent un cadre solidement établi, notamment une politique de la concurrence qui interdise les cartels ainsi qu’une régulation du secteur bancaire qui exclue la privatisation des bénéfices et la collectivisation des pertes, comme cela s’est passé pendant la crise financière ». Mais une Europe des chances suppose également, selon Clemens Fuest, une protection de l’environnement et une lutte contre le changement climatique qui soient efficaces. « Nous avons besoin d’une Europe ouverte vers l’extérieur, dynamique et diversifiée à l’intérieur, et qui reste capable, face aux autres acteurs mondiaux, de défendre ceux de ses intérêts que les pays-membres de l’UE ne seraient pas en mesure de défendre individuellement. La politique commerciale, de la migration et de la défense sont de tels enjeux, sans oublier qu’il en existe d’autres nécessitant une action concertée également à l’intérieur de l’Europe : la réforme de la zone euro, le développement des infrastructures européennes, la sécurité intérieure…», a poursuivi M. Fuest.

«Un État-providence fort doit rendre ses citoyens autonomes au lieu de les déresponsabiliser : il doit garantir la satisfaction des besoins matériels fondamentaux et l’accès aux soins de santé ; il doit favoriser les contacts sociaux, l’éducation et la participation ainsi que l’ascension sociale. L’État-providence doit pourvoir à des structures permettant de secourir ceux qui n’ont pas eu de chance, qui ont perdu leur emploi ou leur santé, et qui ne sont plus capables de se prendre en charge eux-mêmes. Sans ces conditions indispensables, les espaces de libertés disponibles ne valent pas grand-chose», a conclu Clemens Fuest.

Clemens Fuest
Clemens Fuest took over from Hans Werner Sinn as chairman of the IFO Institute in April 2016. He is professor at the Faculty of Economics of the University of Munich.

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